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Paix en Casamance : Les femmes exhortent les belligérants à déposer les armes

L’OBS – Les femmes de la Casamance naturelle ont, dans un élan de solidarité et de concorde, célébré ce dimanche, la Journée internationale de la paix. Regroupées autour de la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance, ces gardiennes de la tradition, femmes du bois sacré, femmes de développement et amazones de la paix, ont toujours joué leur partition dans le processus de paix en Casamance.

Des femmes qui ont toujours éteint le feu quand les armes ont tonné et qui ont payé un lourd tribut dans cette crise armée qui n’a que trop duré et qui a fini de plonger la région sud dans une situation de ni paix ni guerre. Si pour l’édition de l’année dernière ces femmes avaient invité le gouvernement sénégalais et les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) à garantir la reprise du déminage humanitaire, pour cette édition qui est placée sous le signe de «l’Union des forces vives pour la paix», «nous avons exhorté les belligérants à déposer les armes», a laissé entendre Mme Ndèye Marie Thiam Diédhiou, coordonnatrice de la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance.

Invités d’honneur de ces femmes, les acteurs de la société civile impliqués dans la recherche de la paix en Casamance ont répondu massivement à l’appel, et ensemble autour d’une table ronde, ils ont réfléchi sur les voies et moyens d’harmoniser leurs interventions dans le processus de paix. Ce rendez-vous, désormais inscrit dans l’agenda de l’humanité pour renforcer les idéaux de la paix, promouvoir la non-violence et l’harmonie dans le monde, «la Journée internationale de la paix est également une occasion importante à célébrer ici, en Casamance parce que notre région continue de souffrir des effets dévastateurs d’un conflit armé qui dure depuis plus de trois décennies», a ajouté Mme Ndèye Marie Thiam Diédhiou. Présent à la rencontre, le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé se dit plus que jamais convaincu que pour un retour définitif de la paix en Casamance, «il faut que les gens soient concrets».

 Ces femmes ont saisi l’occasion pour appeler à l’union des forces vives de la paix. Elles pensent aussi que «même si le conflit n’est pas définitivement résolu, les signaux d’une paix durable sont aujourd’hui perceptibles et suscitent beaucoup d’espoir chezles populations», ont soutenu les femmes de la Casamance. Pour rappel, voilà plus de 30 a nnées que le conflit casamançais a éclaté. C’était un 26 décembre 1982 quand un groupe de femmes et d’hommes, portant des enfants et agitant des drapeaux blancs a occupé les artères de la ville de Ziguinchor, pour réclamer, avaient-ils dit, l’accession à la souveraineté de leur contrée, la Casamance. Les «excursionnistes»  iront jusqu’à la gouvernance où ils vont réussir à descendre le drapeau du Sénégal pour monter à la place un autre de couleur blanche. Une manifestation qui sera violemment réprimée par les forces de l’ordre. Le conflit casamançais a aujourd’hui 32 ans.

                                                                                    ABDOURAHMANE THIAM

 

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